n Samir Tighzert
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Awal n mass Md Akli Salḥi ɣef wungal « Tiyita n tmeddit » (s tefransist)

Lecture du Dr Mohand Akli Salhi – enseignant-chercheur au département de langue et culture amazighes de l’université  de Tizi-Ouzou

(Publié sur son compte Facebook).

Tiyita n tmeddit est le premier roman de Samir Tighzert. Dans la quatrième de la couverture, on informe le lecteur qu’est également auteur d’une traduction en kabyle d’une nouvelle de Gogol.tamuɣli
Le roman en question ici est un récit de 136 pages dont les six dernières sont consacrées à la présentation bilingue du lexique néologique utilisé dans le texte. Organisé en 10 chapitres, ce roman est traversé par un malentendu entre les deux personnages principaux, Ḥmed Ubandu et Mḥend Umaryus. Ce malentendu, qui remonte à leur jeune âge où moment ils allaient s’engager dans la guerre de libération, se transforme en un véritable secret. Ce dernier se tisse comme une toile de fond laissant les incompréhensions de Ḥmed Ubandu s’exprimer et les rumeurs colportées par les gens, à propos du passé de Mḥend Umaryus, prendre pour longtemps la place de la vérité. Ces rumeurs donnent Mḥend Umeryus comme un traitre durant la révolution de 54-62. Ḥmed Ubandu n’a pas compris pourquoi Mḥend Umeryus n’a pas pris les armes, comme lui, pendant cette guerre. Ce dernier s’est désengagé à la dernière minute. Le secret de cette raison est gardé jusqu’aux derniers moments de la vie de Ḥmed Ubandu. La divulgation de ce secret, est différée à plusieurs reprises dans le roman ; Mḥend Umeryus a accompli cet acte, comme une confession intime et une libération de conscience, au moment où son ami allait rendre son dernier souffle suite à sa blessure par balle.
En narration alternée, les épisodes de ce récit oscillent entre le présent et le passé. Les chapitres se suivent en alternant les affaires quotidiennes du présent et les souvenirs des deux protagonistes principaux. Dans ce mouvement, de va-et-vient entre les dépits et les tracasseries de leur vieillesse et la mémoire de leur enfance et de leur jeunesse, se glissent les commentaires du narrateur et des personnages. Les thèmes des commentaires ou des digressions sont variés : problèmes de langues et d’identité, la trahison, la misère, l’enfance, etc. C’est assez attrayant dans plusieurs endroits.
Le narrateur change de posture suivant les moments à raconter. Il est omniscient quand il raconte le présent. Il devient personnage racontant les souvenirs de l’enfance ou de la jeunesse. Par moments, la narration est simultanée au déroulement des événements, ce qui donne au propos du narrateur une proximité très rapprochée avec notamment les deux personnages principaux.
Ce mouvement d’alternance du passée et du présent donne au texte une valeur certaine. C’est dans ce dialogue entre les questionnements et les déceptions de la vieillesse et la mémoire revisitée à volonté de l’enfance et de la jeunesse que se joue la beauté de ce texte. C’est un pari gagné de ce côté-là.
Le lecteur peut toutefois regretter l’expression un peu forcée dans certains passages, laissant apparaître les conditions de quasi-traduction due à la pression des langues en présence dans l’acte créatif. L’usage de « coordonnant » « dakken », qui vient perturber la spontanéité de l’expression, en est une trace tangible.
Comme première expérience romanesque, elle mérite vraiment les encouragements des lecteurs ; l’auteur doit en faire un point de départ, assez prometteur, pour de nouveaux projets d’écriture romanesque.

Mohand Akli SALHI  

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Awal n mass Md Akli Salḥi ɣef wungal

22 mai, 2017 à 1 h 50 min


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